Alfredo Aceto

Alfredo Aceto, formé à l’ECAL et à la Mountain School of Art (LA, USA), crée des installations comme des histoires sans fin. Aceto prélève des objets du commun et les glisse subrepticement vers de la sculpture: Coups de feu sur une horloge design, moulage de compositions de pot d’échappements de voiture, reproduction de rugissements de Godzilla, bureaux enduits de goudron et de plumes.

Sa propre biographie devient l’enjeu de multiples narrations jusqu’à la dissolution de l’auteur d’origine, au point que “ses solo shows donne l’impression d’être des expositions de groupe” (Cédric Fauq, curateur).

Si les installations d’Aceto donnent l’impression d’être des films sans personnage, c’est que ce qui est en jeu pour l’artiste, ce n’est pas de raconter des histoires, mais de mettre en jeu les outils et les accessoires avec lesquels les histoires sont racontées.

 

SAA: Peux-tu nous raconter quelque chose à propos de l’oeuvre que tu vas présenter aux Swiss Art Awards 2018?

AA: Les bronzes s’échappent de leur origine ornementale pour jouer un rôle de ponctuation dans l’espace, les reléguant presque au statut d’objet utilitaire. Les peintures évoquent un environnement extérieur dans lequel l’image perd de son importance se mêlant à l’architecture alors que la manière dont elles sont peintes suggère la décoration d’un restaurant banal conservé dans son jus.

SAA: Quels mondes sont impliqués dans ton travail?

AA: Nous vivons dans un monde très fragmenté dans lequel les choses flottent sur un niveau d’équivalence et où il est extrêmement complexe d’en rajouter une de plus. Je préfère me demander quel besoin nous avons de voire une énième exposition ou de produire un dernier travail.

SAA: De quel champ viendrait le ou la spécialiste avec qui tu aimerais collaborer, pour quel sorte de projet?

AA: Je voudrais travailler avec un/e présentateur/ice de télévision pour réaliser une émission en huis clos.

SAA: Y-a-t’il un lieu (en Suisse ou ailleurs) qui inspire ton travail?

AA: Lorsqu’on prend l’autoroute à Crissier en direction de Genève. Les enseignes lumineuses tamisées mêlées à une nature verte et argentée envahissent le champ visuel et on perd le sens de l’orientation. On se dirait en Alaska mais aussi à Los Angeles ou à Tel Aviv; tout est possible.      

SAA: Vu depuis le futur, qu’aura retenu l’histoire de l’art de votre travail?

AA: Il n’y aura plus de place!

SAA: Quelle traces voulez-vous laisser?

AA: Une Toyota Previa de 1991 rouge, une Subaru Forester de 1996 noire, une Audi S8 de 2002 verte et une bibliothèque. Pas de disques: je ne connais pas la musique.