Barbezat-Villetard

«Dans nos installations, nous nous efforçons de mettre en place des systèmes qui permettent de s’échapper, de s’extirper d’un espace physique souvent décevant, et de créer des ponts et des liens vers d’autres territoires.» Actifs sous le nom de Barbezat-Villetard depuis 2013, le duo franco-suisse se distingue très vite par des interventions dans l’espace tranchantes et radicales, qui leur ont valu une large reconnaissance avec les Prix culturel Manor Valais en 2015, le Prix Aeschlimann Corti 2016 et le Prix Irène Reymond 2017.
Aujourd’hui le duo explore la fabrication d’espaces plus vagues, dont «les matériaux utilisés ne vont pas briser ou réfléchir la rupture architecturale – comme le miroir contre la pierre par exemple, mais plutôt la prolonger et ce pour mieux ensuite, la dériver». Flora Katz, Le Phare N°27, juillet-octobre 2017, CCS Paris. Concrètement aussi, Barbezat-Villetard entreprennent l’exploration de nouveaux espaces, avec en 2018 les résidences “Seoul Art Space Geumcheon Residency” à Séoul, “Swatch Art Residency” à Shanghai, et “Paradise Air Residency” à Tokyo.

SAA: Pouvez-vous nous raconter quelque chose à propos de l’oeuvre que vous allez présentez au Swiss art Awards?

B&V: Nous avons choisi de présenter une nouveau projet pour les swiss art awards. Le travail est actuellement en devenir. Il s’agit d’un dispositif immersif composé de deux éléments sculpturaux qui conjuguent les ambivalences.

SAA: Quels mondes sont impliqués dans votre travail ?

B&V: Nous proposons des paysages à la captation fragile, souvent éphémères, situés entre le réel et l’artificiel. Nos mondes ouvrent des parenthèses spatio-temporelles, où tout demeure maintenu et tendu dans un équilibre précaire.

SAA: Y a-t-il un lieu qui inspire votre travail ?

B&V:  Les territoires qui nous inspirent, sont liés à une immensité, autant du vide que du plein, et à un caractère indéterminé où tout renversement semble possible.

Le désert appréhendé comme une terre des bords. Il est le lieu de rencontre entre le statique, la pérennité d’un instant suspendu, et le perpétuel mouvement d’un paysage changeant.
Les villes tentaculaires comme Los Angeles ou Séoul, qui dans leur étalement et leur chantier quasi-infini, s’installent sur une frontière toujours en marche.