Jean-Christophe Huguenin

«L’esthétique festive a un pouvoir évocateur très fort, lié à des souvenirs d’enfance ou de moments de folie jouissive pure. Il s’agit d’une esthétique passablement similaire un peu partout sur le globe», écrit Jean-Christophe Huguenin. La simplicité des ses oeuvres est déroutante: d’un geste enjoué il nous désarme et nous invite à fêter le présent. Serpentins de couleurs agrandis, formant un astérisque géant, fuseaux de bâtons colorés, tapis de côtillons en spirales, triangles peints en couleurs vives: Huguenin décline avec uns sensibilité héritée du minimalisme les signes de la fête.

«S’il semble avoir intégré la composition n°10 de La Monte Young —Tracer une ligne droite et la suivre— l’apparente linéarité est perturbée par une infinité de petites ruptures. Le caillou dans la chaussure, c’est l’apparent potentiel performatif d’un objet ou la réminiscence d’un rituel collectif.» Guillaume Pilet, artiste.Jean-Christophe Huguenin s’engage aussi dans la vie culturelle collective. À Lausanne, il est co- fondateur avec Tatiana Rhis, Maud Constantin et Philippe Daerendinger de Curtat Tunnel, et intervient comme DJ au Bourg ou au Montreux Jazz Festival. Il publie également des textes comme pour le fanzine Four Walls de Francis Baudevin à Besançon, la structure Donald ou des monographies comme Les dames du Révérend Kirkman et autres jeux de Tom Johnson et Zilch d’Alberto Zancchetta, Bologne.

SAA: Peux-tu nous raconter quelque chose à propos de l’oeuvre que tu vas présenter aux Swiss Art Awards 2018?

JCH: Ce seront des tubes torsadés et peut-être aussi d’autres choses assez similaires.

SAA: Quels mondes sont impliqués dans ton travail?

JCH: Les lignes, les couleurs, les enroulades, la sensualité, l’espace, la fragilité, le minimalisme. La répétition aussi.

SAA: De quel champ viendrait le ou la spécialiste avec qui tu aimerais collaborer, pour quel sorte de projet?

JCH: Du monde de l’industrie ou de l’artisanat, pour améliorer ou varier mes productions.

SAA: Y-a-t’il un lieu (en Suisse ou ailleurs) qui inspire ton travail?

JCH: Les magasins de moquette et de tapis, les ateliers, où je peux récupérer le matériel que j’utilise pour mes travaux.

SAA: Vu depuis le futur, qu’aura retenu l’histoire de l’art de ton travail?

JCH: Peut-être mon travail sur les rouleaux de couleurs.

SAA: Quelle traces veux-tu laisser?

JCH: Je ne sais pas.