Jean-Michel Baconnier

Le travail du chercheur, critique et curateur Jean-Michel Baconnier porte sur l’«écologie esthétique» à partir de l’hybridation du tangible et du numérique. Le projet Mosaïquereflète cette recherche en cours permettant de considérer des écosystèmes de composantes humaines et non humaines qui organisent des environnements socio-culturels par leur régime d’attention respectif.

Depuis 2007, au sein de l’Association Trafic à Lausanne, il organise “Home Cinéma”, des programmations de projections vidéo et de conférences avec des artistes et des théoriciens en lien avec les images animées et les arts numériques. “Home Cinéma” est aussi une revue, concentrée sur l’édition de textes théoriques, que Baconnier dirige avec Steve Paterson.

Jean-Michel Baconnier écrit pourDécadrages. Cinéma à travers champs, art même et artpress. Parallèlement, il intervient régulièrement dans des Hautes écoles d’art et pédagogiques en Suisse et à l’étranger. Ses études l’ont emmené de l’ECAV à Sierre, à la HEP de Lausanne et finalement à l’école doctorale en 2016 en «art et sciences de l’art» à l’Académie royale des Beaux-arts et à l’Université libre de Bruxelles.

SAA: Pourquoi y a-t-il besoin de faire un travail de médiation pour l’art

JMB: Tout comme vous, je me pose ouvertement cette question. Toutefois, j’apprécie d’envisager les choses dans un écart, dans un espace-temps intermédiaire qui pourrait se rapprocher d’une forme de «jeu».

SAA: Comment approches-tu une oeuvre d’art que tu désires présenter?

JMB: Par deux axes contradictoires, mais complémentaires : le premier parce que je trouve de prime abord le travail inintéressant et le second parce qu’à l’inverse, il m’amuse beaucoup. Ces deux modalités se rejoignent de façon cohérente dans le désir de comprendre ce que je suis en train de regarder, de lire ou d’écouter.

SAA: Qu’est-ce que te motiverais à écrire ou parler d’une oeuvre que tu n’aimes pas?

JMB: Comme dit précédemment, pour en comprendre les enjeux. J’ai d’ailleurs commencé à présenter de l’art vidéo par une approche négative de ce média et il m’a fait renverser mon point de vue à son sujet.

SAA: Peux-tu décrire comment tu as été marqué par la dernière oeuvre que tu as beaucoup aimé?

JMB: Non… ou plutôt, je ne souhaite pas me plier à cet exercice.

SAA: Racontes-nous en quoi une institution, un livre ou un/e artiste ont été récemment une inspiration pour toi?

JMB: Ils sont une inspiration quotidienne en tant que composantes de mon environnement et de mon individualité. Il s’agit là d’une forme d’«écologie esthétique».