Louisa Gagliardi

Avec ses images floutées, des corps et des visages semblant flotter dans un éther virtuel, entourés de symboles plus que de paysages ou d’objets, Louisa Gagliardi nous montre sans jugement quelque chose de la réalité de nos relations interpersonnelles: Dans le miroir noir de l’écran les rapports de grandeurs semblent impossible à fixer, les visages sont expressifs et étrangement sans identités, le réel est suspendu.
Naviguant à l’aise entre les formats de l’illustration et celui de la peinture, c’est la fibre narrative qui met la peintre Louisa Gagliardi, formée en graphisme à l’ECAL et auteure du magazine d’artiste Stand Up ayant obtenu un Swiss Design Award, en mouvement. Ses oeuvres ont ainsi été montrées entre autre au Helmhaus (Zürich), au Louisiana Museum of Modern Art (Humlebæk DK), à Pilar Corrias (London), à Platform (Stockholm) ou encore au Antenna Space (Shanghai).

SAA: Peux-tu nous raconter quelque chose à propos de l’oeuvre que tu vas présenter aux Swiss Art Awards 2018?

LG: Si dans mes peintures la figure humaine est au centre, pour la série à venir, celle-ci se morphe avec avec l’atmosphère et le paysage, les révélant et les cachant simultanément.

SAA: Quels mondes sont impliqués dans ton travail?

LG: Mon travail peut être assez autobiographique, mon état d’esprit durant la réalisation d’une oeuvre aura un impact sur le sujet et la palette. De manière plus générale, il traite aussi de la présentation de soi face à une réalité de plus en plus virtuelle où l’image online de chacun peut être de plus en plus contrôlée et customisée.

SAA: De quel champ viendrait le ou la spécialiste avec qui tu aimerais collaborer, pour quel sorte de projet?

LG: J’aimerais beaucoup travailler en collaboration avec un ou une  graphiste sur un projet de livre.

SAA: Y-a-t’il un lieu (en Suisse ou ailleurs) qui inspire ton travail?

LG: La nature, et l’envie de nature commence à prendre une place importante dans mon travail récent. Le Valais, mon pays natal a beaucoup d’influence lors de la suggestion de paysage.

SAA: Vu depuis le futur, qu’aura retenu l’histoire de l’art de ton travail?

LG: Ha, si quelque chose en reste, j’imagine que mon travail aura fait un tout petit peu parti de la question de la valeur et de la place des travaux digitaux. Si une oeuvre est peinte sur ordinateur et imprimée, est-elle considérée comme une peinture?

SAA: Quelle traces veux-tu laisser?

LG: De l’amour.